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Encoignures anciennes

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Encoignures anciennes

Encoignures anciennes

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Origine et fonction des encoignures

L’encoignure naît d’un besoin très concret : utiliser les angles de la maison.

Dans une pièce, l’angle est souvent un espace difficile à meubler. Ce n’est pas un mur entier, ce n’est pas un centre visuel, et il n’est pas toujours pratique pour des meubles profonds ou encombrants. L’encoignure résout précisément ce problème : elle transforme un point marginal de l’espace en une zone utile, ordonnée et souvent décorative.

Sa forme est pensée pour s’adapter à la rencontre entre deux murs. Pour cette raison, de nombreuses encoignures ont une structure triangulaire, en quart de cercle ou avec une façade façonnée. Certaines sont hautes et développées verticalement, d’autres plus basses et compactes. Certaines reposent au sol, d’autres sont murales et fixées au mur.

Du point de vue fonctionnel, l’encoignure peut servir à ranger ou à exposer. Dans les salles à manger, elle pouvait contenir de la vaisselle, des verres, des céramiques ou de l’argenterie. Dans les salons, elle pouvait accueillir des objets décoratifs, de petits livres, des porcelaines ou des curiosités. Dans les intérieurs plus rustiques ou provinciaux, elle avait souvent une fonction pratique et quotidienne.

C’est un meuble intéressant précisément parce qu’il unit utilité et discrétion. Il ne domine pas la pièce comme une grande armoire ou un buffet monumental, mais travaille sur les marges de l’espace, en le complétant.

Les principaux types d’encoignures

Les encoignures anciennes peuvent prendre des formes différentes, mais certaines typologies reviennent plus souvent.

La plus courante est l’encoignure posée au sol, développée en hauteur et reposant directement sur le sol. Elle peut être entièrement fermée par des portes, ou présenter une partie inférieure fermée et une partie supérieure ouverte ou vitrée. Ce type de meuble convient particulièrement aux intérieurs où l’on a besoin de rangement sans occuper trop d’espace mural.

L’encoignure vitrée a en revanche une fonction davantage tournée vers l’exposition. Les portes vitrées permettent de montrer des céramiques, des verres, des verreries, de petits objets ou des collections. Dans ces cas, le verre n’est pas seulement un élément pratique, mais contribue aussi à la légèreté visuelle du meuble.

L’encoignure murale est plus petite et fixée au mur. Elle peut être fermée, ouverte ou vitrée. Elle est souvent plus décorative que capacitaire et convient bien aux objets de petites dimensions. Dans les intérieurs anciens, elle pouvait être utilisée dans les cuisines, les salles, les petits cabinets de travail ou les espaces privés.

Il existe aussi des encoignures ouvertes, avec des étagères apparentes, sans portes. Elles sont plus légères et décoratives, mais aussi plus exposées à la poussière et moins adaptées à la conservation d’objets délicats. Leur qualité dépend beaucoup des proportions, du dessin des étagères et du soin apporté aux corniches.

Certains exemplaires plus raffinés combinent plusieurs fonctions : partie inférieure fermée, partie supérieure vitrée, couronnement façonné, cadres moulurés, petits tiroirs, miroirs intérieurs ou décors peints.

Styles et formes les plus reconnaissables

Les encoignures suivent souvent le goût du mobilier de leur époque, mais dans une forme plus compacte et adaptée à leur fonction.

Au XVIIIe siècle, surtout dans le goût Louis XV et Rococo, on trouve des encoignures aux lignes mouvementées, à façade courbe ou légèrement bombée, avec des pieds façonnés et des corniches plus souples. Ce sont des meubles qui recherchent l’élégance et la légèreté, même lorsqu’ils ont une fonction pratique.

Avec le Louis XVI et le Néoclassicisme, les formes deviennent plus ordonnées et géométriques. Les lignes se redressent, les corniches deviennent plus régulières, les décors plus mesurés. Des filets, de petites marqueteries, des motifs classiques et des proportions plus contrôlées peuvent apparaître.

Au XIXe siècle, les encoignures deviennent très variées. Certains exemplaires reprennent des styles précédents, comme le Louis XV, le Louis XVI, le Baroque ou la Renaissance. D’autres appartiennent à un goût plus bourgeois, rustique ou provincial, avec des formes simples, des bois locaux et des décors contenus.

Dans les encoignures Art nouveau ou du début du XXe siècle, on peut voir apparaître des lignes plus fluides, des motifs végétaux, des verres décoratifs ou des proportions plus légères. Dans ces cas, le meuble ne cherche pas seulement à contenir, mais aussi à participer à l’atmosphère décorative de l’intérieur.

À côté des styles les plus reconnaissables, il existe de nombreuses encoignures de goût régional ou populaire. Elles sont souvent moins monumentales, mais très intéressantes pour leur rapport aux matériaux locaux, leur simplicité constructive et leur fonction domestique.

Matériaux et surfaces

Comme dans de nombreux meubles anciens, le bois est le matériau principal des encoignures.

En Italie, on trouve souvent des encoignures en noyer, châtaignier, merisier, chêne ou peuplier. Le noyer est fréquent dans les meubles plus raffinés ou de représentation, tandis que le châtaignier et le merisier apparaissent souvent dans les meubles régionaux, rustiques ou provinciaux.

Le chêne est plus courant dans certaines productions nordiques, françaises, anglaises ou d’Europe centrale, et il est apprécié pour sa solidité et sa présence matérielle. L’acajou apparaît surtout dans les meubles plus élégants, du XIXe siècle ou d’influence anglaise.

Dans les modèles plus raffinés, la surface peut être enrichie de placages, de loupes, de filets ou de petites marqueteries. Dans d’autres cas, le meuble peut être laqué ou peint, surtout dans les productions vénitiennes, nordiques ou rustiques.

Le verre est un élément important dans les encoignures vitrées. Les verres anciens peuvent présenter de légères ondulations, de petites imperfections ou une transparence moins uniforme que les verres modernes. Ces caractéristiques ne sont pas des défauts : elles contribuent souvent au charme et à la cohérence historique du meuble.

La quincaillerie mérite également attention. Charnières, serrures, entrées de serrure et poignées doivent être observées avec soin, car elles peuvent aider à comprendre l’époque, la qualité et les restaurations éventuelles. Une quincaillerie remplacée n’est pas nécessairement un problème, mais elle devrait être cohérente par sa forme, son matériau et ses proportions.

Techniques de construction et détails à observer

Pour évaluer une encoignure ancienne, il est utile de ne pas s’arrêter à la façade.

Le dos est l’un des éléments les plus importants. Comme l’encoignure est conçue pour être placée contre deux murs, le dos peut être moins fini que la partie visible. C’est précisément pour cette raison qu’il peut conserver des informations précieuses : planches d’origine, clous, traces de rabot, assemblages, traces d’anciens fixages ou restaurations.

L’intérieur doit lui aussi être observé avec attention. Les étagères peuvent être d’origine ou remplacées. Les rainures, supports, trous et différences de couleur peuvent indiquer des modifications survenues au fil du temps. Dans certains cas, une encoignure née fermée peut avoir été transformée en vitrine, ou un meuble plus grand peut avoir été adapté à une nouvelle fonction.

Les portes constituent un autre point fondamental. Il faut observer les charnières, serrures, feuillures, cadres et alignements. Dans un meuble ancien, il est normal de trouver de petites irrégularités, mais des portes très désaxées ou difficiles à fermer peuvent indiquer des problèmes structurels, des déformations ou des restaurations peu correctes.

Dans le cas des encoignures vitrées, il est également important de contrôler les verres et la manière dont ils sont fixés. Des verres très modernes, parfaitement uniformes ou montés avec des techniques récentes peuvent indiquer un remplacement. Ce n’est pas toujours négatif, mais cela doit être pris en compte dans l’évaluation globale.

Comme pour tous les meubles anciens, un seul détail isolé ne suffit pas. Ce qui compte, c’est la cohérence générale entre structure, matériaux, quincaillerie, patine et fonction.

Patine, usure et restaurations

L’encoignure est un meuble qui vit souvent dans une position relativement protégée, parce qu’elle est placée dans un angle. Pour cette raison, l’usure peut être moins visible que celle d’une table, d’une chaise ou d’une commode utilisée quotidiennement.

Cependant, même une encoignure ancienne authentique montre des signes du temps. On peut trouver de légères abrasions sur les arêtes, une usure autour des serrures ou des poignées, des différences de couleur sur les étagères, des traces laissées par les objets posés, de petites déformations du bois ou des variations de surface.

La patine doit apparaître cohérente. Un meuble ancien présente rarement des surfaces toutes identiques, brillantes et parfaitement uniformes. Les zones plus exposées à la lumière, au contact ou au nettoyage peuvent être différentes des zones internes ou cachées.

Les restaurations les plus courantes concernent les étagères, serrures, charnières, verres, pieds, corniches ou petites parties manquantes. Dans certains cas, les fonds peuvent avoir été remplacés ou la structure renforcée. Ce sont des interventions normales, surtout pour des meubles encore destinés à l’usage.

Le point essentiel est de comprendre dans quelle mesure la restauration a respecté le meuble. Une intervention conservatrice maintient lisible l’histoire de l’objet. Une restauration trop invasive, au contraire, peut rendre le meuble excessivement uniforme, effacer la patine ou altérer les proportions et la fonction.

Encoignures italiennes, françaises et régionales

Les encoignures italiennes sont très variées, car elles reflètent différentes traditions régionales.

Dans les modèles plus raffinés, on peut trouver du noyer, des marqueteries, des corniches façonnées et des proportions élégantes. Dans les productions plus rustiques ou provinciales, les bois locaux, les formes simples et une construction plus directe dominent. Ces encoignures moins monumentales peuvent être très intéressantes précisément pour leur authenticité domestique.

Les encoignures françaises montrent souvent une grande attention à la forme et au décor. Dans les modèles Louis XV, on peut trouver des lignes mouvementées, des portes façonnées et des profils plus souples. Dans les modèles Louis XVI, les proportions deviennent plus géométriques et ordonnées, avec des corniches régulières et des décors plus sobres.

Les productions nordiques, anglaises ou d’Europe centrale peuvent présenter un caractère plus fonctionnel, avec des bois clairs, du chêne, des finitions peintes ou des formes plus sévères. Dans ces cas, le meuble peut être moins décoratif, mais très équilibré dans sa construction et dans son usage de l’espace.

Naturellement, la provenance doit toujours être évaluée sur l’objet lui-même. Un meuble peut avoir été influencé par des modes étrangères, modifié au fil du temps ou réalisé localement selon des modèles répandus dans d’autres régions.

Choisir une encoignure pour un intérieur contemporain

L’encoignure est un meuble particulièrement intéressant dans les intérieurs contemporains, parce qu’elle permet d’utiliser des zones de la maison souvent négligées.

Elle peut valoriser un angle vide du salon, compléter une salle à manger, alléger un cabinet de travail ou créer un petit point d’exposition. Par rapport à un buffet ou à une bibliothèque traditionnelle, elle occupe moins d’espace visuel et peut s’intégrer de manière plus discrète.

Une encoignure vitrée peut convenir aux céramiques, aux verres, aux verreries ou aux petits objets de collection. Une encoignure fermée peut être plus utile pour conserver des objets moins décoratifs. Une encoignure murale peut bien fonctionner dans de petits espaces, des entrées, des cuisines ou des cabinets de travail.

Il faut toutefois bien évaluer les proportions. Une encoignure haute et sombre dans une petite pièce peut paraître lourde, tandis que dans un environnement lumineux elle peut devenir un élément élégant et ordonné. Un modèle très décoré a besoin d’espace autour de lui pour être bien lu. Un modèle plus simple peut au contraire s’intégrer avec plus de naturel.

Le choix dépend donc de trois éléments : l’espace disponible, la fonction souhaitée et le rapport avec les autres meubles.

Authenticité et valeur

La valeur d’une encoignure ancienne dépend de l’époque, de la qualité de construction, des matériaux, de l’état de conservation, de la provenance, de la rareté, des proportions et du niveau des restaurations.

Une encoignure n’est pas nécessairement plus importante parce qu’elle est très décorée. Certains modèles simples, bien proportionnés et conservés avec cohérence peuvent être plus intéressants que des exemplaires voyants mais lourdement restaurés.

L’authenticité doit être évaluée en observant l’ensemble. Un meuble ancien peut avoir des verres remplacés, de petites restaurations ou des étagères refaites sans perdre tout intérêt. Cela devient plus problématique lorsque les remplacements sont nombreux, non déclarés ou altèrent la fonction et l’aspect d’origine.

Pour l’acheteur, la meilleure approche consiste à regarder progressivement : d’abord la forme générale, puis la proportion, ensuite les matériaux et les détails, enfin les parties cachées. Une encoignure authentique n’a pas besoin de paraître parfaite, mais elle doit raconter une histoire cohérente.

C’est précisément cette combinaison de fonction, de mesure et de discrétion qui rend encore aujourd’hui l’encoignure ancienne intéressante : elle naît pour occuper un espace marginal, mais peut devenir un élément très caractérisant de l’intérieur.

Foire aux questions

Qu’est-ce qu’une encoignure ancienne ?

Une encoignure ancienne est un meuble conçu pour être placé dans l’angle d’une pièce, souvent avec une structure triangulaire ou façonnée. Elle peut avoir une fonction de rangement ou d’exposition et sert à conserver de la vaisselle, des livres, des objets décoratifs ou de petits objets précieux.

À quoi servaient les encoignures anciennes ?

Les encoignures naissent pour exploiter les angles des pièces, transformant un espace habituellement secondaire en une zone utile et décorative. Elles étaient utilisées dans les salles à manger, les salons, les cabinets de travail et les espaces de représentation.

Quels sont les principaux types d’encoignures anciennes ?

Les types les plus courants sont les encoignures fermées avec portes, les encoignures vitrées, les encoignures murales et les modèles ouverts avec étagères apparentes. Certains exemplaires combinent une partie inférieure fermée et une partie supérieure vitrée ou ouverte.

Quels styles trouve-t-on le plus souvent dans les encoignures anciennes ?

Les encoignures anciennes peuvent appartenir à différents styles, notamment Louis XV, Louis XVI, Néoclassique, Empire, Restauration, Art nouveau et goût rustique ou provincial. Le style se reconnaît aux proportions, aux profils, aux décors, aux pieds, aux corniches et à la quincaillerie.

Quels matériaux trouve-t-on dans les encoignures anciennes ?

Les encoignures anciennes sont souvent réalisées en noyer, merisier, chêne, châtaignier, acajou ou bois peints. Dans les modèles les plus raffinés, on peut trouver des placages, des marqueteries, des verres taillés, des miroirs, des bronzes, une quincaillerie en laiton et des décors peints.

Comment reconnaître une encoignure ancienne authentique ?

Une encoignure authentique présente une cohérence entre structure, matériaux, quincaillerie, patine et techniques de construction. Il est utile d’observer le dos, les étagères, les assemblages, les charnières, les verres et les zones intérieures, où les signes de l’âge sont souvent mieux conservés.

Les encoignures anciennes sont-elles toujours des meubles posés au sol ?

Non. Il existe des encoignures posées au sol, plus structurées et plus capacitaires, et des encoignures murales, plus légères et destinées à être fixées au mur. Les encoignures murales sont souvent utilisées pour exposer de petits objets, des céramiques ou des verreries.

Une encoignure ancienne peut-elle comporter des parties restaurées ?

Oui, c’est assez courant. Les étagères, serrures, charnières, verres ou petites parties structurelles peuvent avoir été restaurés ou remplacés. L’important est que les interventions soient déclarées et cohérentes avec le meuble.

Comment choisir une encoignure ancienne ?

Il est utile d’évaluer les dimensions, la profondeur, la hauteur, l’ouverture des portes, l’état de conservation et la fonction souhaitée. Une encoignure doit bien s’adapter à l’angle disponible et conserver des proportions harmonieuses par rapport à la pièce.

Les verres d’origine augmentent-ils la valeur d’une encoignure ?

Les verres d’origine, surtout s’ils sont anciens, taillés ou légèrement irréguliers, peuvent augmenter l’intérêt du meuble. Toutefois, des verres remplacés ne sont pas nécessairement un problème, si l’intervention est correcte et déclarée.

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